CONFIDENCES

L’endométriose une maladie silencieuse

L’arrivée des premières règles chez une adolescente sonne comme une nouvelle ère dans la vie. C’est un véritable bouleversement tant physique que psychologique. Certaines se retrouvent à ressentir de vives douleurs chaque mois qui sont bien souvent minimisées et deviennent un réel handicap! Bien souvent, nous pouvons entendre qu’il est normal d’avoir mal pendant cette période, et c’est alors que grand nombre de jeunes filles se retrouvent seules à gérer l’insupportable qui se trouve être l’endométriose!

 

L’endométriose, qu’est ce que c’est?

C’est une maladie silencieuse, chronique généralement récidivante qui gagne du terrain chaque mois.  L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. et sous l’effet des hormones (œstrogènes), au cours du cycle, l’endomètre  va s’épaissir afin d’accueillir une éventuelle grossesse! Cependant, s’il n’y a pas fécondation,  ce dernier se désagrège et saigne et c’est ce qu’on appelle les règles.

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Chez les femmes atteintes d’endométriose des cellules de l’endomètre vont alors remonter et migrer via les trompes. Et c’est alors que ces cellules formant un tissu semblable au tissu endométrial, vont se développer hors de l’utérus et vivre au rythme des hormones, comme s’ils étaient au bon endroit.! C’est à dire que de la même manière, ou vous saignez chaque mois (règles), ici le tissus qui s’est développé en dehors de la cavité utérine va lui aussi saigner et n’aura aucun moyen d’être évacué, et le sang restera dans le ventre!  De cette façon, l’inflammation des tissus va engendrer des lésions, des adhérences et des kystes ovariens (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire.

Cette pathologie est assez complexe car il n’existe pas un seul type d’endométriose mais plutôt plusieurs car chaque endométriose est vécue différemment par chaque femme! En effet, d’une personne à l’autre cette dernière ne se développe pas de la même manière!

 

Qui est touché par l’endométriose?

Pendant des années, beaucoup de femmes ont souffert en silence et encore ignore celle qui agit en toute impunité et en silence. Pourtant 4 millions de femmes sont touchées par la maladie de L’ENDOMÉTRIOSE , 1 à 2 sur 10, et c’est énorme. Il existe également des cas de femmes ménopausées ou opérées par hystérectomie et ovariectomie qui continuent à souffrir d’endométriose, notamment à cause des traitements hormonaux de substitution.

 

 Les différentes formes de développement du tissu endométrial hors cavité utérine

  1. Lésions superficielles endométriosiques ou Implants
    Petits fragments de tissu endométrial situés à la surface du péritoine ou à celle des divers organes de la cavité abdominale. Ces lésions ou implants, qui ne présentent pas un développement « vers la profondeur », sont le type de lésions le plus fréquent.
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  2. Lésions profondes endométriosiques

    Lésions d’endométriose situées en profondeur (en oppositions aux lésions superficielles) et qui se développent essentiellement sous le péritoine. Les nodules font généralement partie de cette catégorie.

     

  3. Adhérences endométriosiques
    Les adhérences sont généralement la conséquence des phénomènes inflammatoires cycliques, qui entraînent des accolements de différentes structures anatomiques (les ovaires à l’utérus, le colon à l’utérus, etc.)

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  4. Kystes endométriosiques

    Les kystes endométriosiques sont des lésions kystiques contenant un liquide épais de couleur chocolat. Ils se développent souvent au niveau des ovaires et sont appelés « endométriomes ». Leur développement se fait sous la forme d’une « invagination » du tissu endométrial qui « refoule » progressivement le tissu ovarien.

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  5. Nodules endométriosiques

    Lésions qui envahissent en profondeur soit un organe soit la zone sous péritonéale. On retrouve le plus souvent ces nodules profonds, qui s’apparentent à une petite boule, au niveau des ligaments utéro-sacrés (ligament reliant l’utérus au sacrum en arrière), la zone recto-vaginale, le vagin, le rectum, la fossette ovarienne. Moins fréquemment, ils peuvent se situer au niveau de la vessie ou du sigmoïde et plus rarement encore sur tout autre organe abdominal.Endometriose_TJENA

     

  6. Nodules profonds endométriosiques

    Lésions profondes, constituées d’un fort contingent de tissu fibreux (responsable de leur consistance dure) et d’un pourcentage variable de tissu endométrial (responsable de leur croissance au moment des règles). Les nodules profonds ont une forte tendance à infiltrer les organes voisins. Ils concernent souvent la partie supérieure et postérieure du vagin, la face antérolatérale du rectum, les uretères, les ligaments utéro-sacrés (amarrant l’utérus vers l’arrière), la vessie, ou ailleurs dans la cavité abdominale.

     

En ce qui me concerne:

Voilà que j’en fais partie et cette découverte date de seulement 18 mois. En effet, lors de mon écho de datation qui était censé être un moment de joie et d excitation intense à la découverte de ce petit être, le médecin m’a annoncé une découverte d’une masse suspecte de 8cm logé près de mon ovaire gauche. En l’espace d’une fraction de seconde, ce moment c’est transformé en véritable calvaire et je fût submergé par l’angoisse de savoir ce que cela signifiait et quel impact pour cette grossesse que j’avais tant désiré. Quelques semaines après une irm, le résultat est tombé entre deux portes dans ce long couloir d’hôpital. Une annonce balancée comme ça, j’étais un peu sonnée à vrai dire car je n’ai absolument pas percuté chacun de ses mots! Il m’aura fallu quelques jours pour réellement prendre conscience de ce diagnostic posé!  On dit qu’il faut 7 ans en moyenne entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic. Pour ma part, il aura fallu attendre 12 longues années.

Des les débuts, les douleurs étaient atroces. Aux yeux des uns, j’avais simplement des règles un peu plus fortes que la norme et pour d’autres j’étais un peu douillette. On m’a donné la pilule, des antalgiques, et en avant comme pour me dire t’inquiètes, ça va aller avec tout ça ma belle! En effet, ça a plus ou moins fonctionné quelques temps, environ 6 ans. Disons que tout cela n’a fait que masqué un mal-être profond qui continuait de me ronger de l’intérieur en silence!

Au bout de quelques années et de façon soudaine, c’était à nouveau le retour du supplice. J’ai à nouveau souffert le martyre chaque fin de mois, surtout en début de cycle et les douleurs étaient de plus en plus éprouvantes, surtout après l’arrêt de la pilule. J’ai vécu un véritable cauchemar avec une majoration des douleurs, qui diffusaient dans tout l’abdomen. J’étais bien souvent prostrée et clouée au lit.  Totalement incapable de tenir debout et le moindre geste de la vie quotidienne était devenu le parcours de combattant . Je ne compte plus les jours où je me levais le matin, j’avalais un antalgique et partais au travail en pleurant, toutes les fois où je serrais les dents devant mes patients, où toutes les fois où je devais quitter le boulot dans un état pitoyable. Chaque début de cycle était attendu avec appréhension, c’était devenu un véritable fardeau qui me pesait, mais qui pesait aussi au sein de ma vie de couple. Effectivement, étant dans l’incapacité d’effectuer quoique soit les premiers jours, Monsieur S. devait gérer les taches quotidiennes journalières et bien souvent m’aider à m’habiller, me lever…  J’ai la chance d’avoir un conjoint qui a parfaitement compris cette pathologie, il prenait soin de moi avec attention mais le plus dur pour lui était cette impuissance mensuelle face à ma douleur.  Je mesure cette chance et cette aide quotidienne qu’il m’ apporté dans ces moments difficiles car il arrivent encore que certains hommes ou proches, pensent que les douleurs viennent de la tête et que l’on exagère.

Mais derrière cette maladie complexe, il n’y a pas une mais « des » endométrioses. En effet, il faut savoir que cette pathologie ne se développe pas de la même façon d’une femme à l’autre. Par ailleurs, derrière les diverses douleurs, il y a l’infertilité, les opérations,.. C’est horrible de souffrir le martyre chaque mois à cause de ses règles toute une partie de sa vie de femme adulte pour rien au final si on ne peut pas concevoir! Certaines femmes arrivent à avoir un enfant sans souci, d’autres mettront un peu plus de temps comme ce fut mon cas, certaines devront recourir à la FIV et puis il y en a qui n’en auront jamais, et finiront un jour par abandonner ce désir malgré elle.

J’ai une pensée tout particulière pour toutes ces femmes qui sont aujourd’hui, comme moi touchées par ce fléau et souffrent mensuellement .

@endomind_fr

-Vanessa-

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