MATERNITÉ

Un rêve devenu réalité

Désir inconscient depuis notre tendre enfance, nous avons toutes ou presque joué à être la maman, puis à l’âge adulte cette étape essentielle dans la vie d’une femme se révèle un besoin, une priorité. En effet, ce désir se réveille soudainement et nous monte pour certaines comme la moutarde au nez! Pour le couple, cette décision est décisive car le choix de fonder une famille se prend à deux, et c’est mieux me direz-vous. Effectivement, pour qu’un enfant naisse, « il faut que le désir de la femme et celui de son compagnon se rencontre au même moment et cette confrontation n’est pas toujours évidente!

Pour ma part ce désir est né bien avant celui de mon conjoint et je ne l’ai pas vu venir ! Je savais qu’un jour arriverait ce moment où fonder une famille ferait partie de mes besoins, mais je ne pensais pas que du jour au lendemain, cette envie irrépressible arriverait soudainement et radicalement. C’est comme si ma montre biologique me disait que c’était le bon moment en plus des conditions sociales, professionnelles & amoureuse qui étaient pleinement réunies. On aurait dit que l’on avait ouvert les vannes dans mon corps avec comme message « Soldat Vanessa, votre mission prend effet à partir de maintenant « . Ça y’ est, mon corps et ma tête étaient bel et bien déterminés à se lancer corps et âme dans le projet de toute une vie. Cependant, en ce qui concerne monsieur S, l’envie d’avoir un enfant n’a pas été aussi instantanée que moi. Certains hommes ont toujours eu envie d’avoir des enfants et certains voient leur désir de paternité s’éveiller au moment de la première échographie, ce qui fût son cas.

Mais avant cette première échographie, il nous aura fallu attendre un certain temps qui m’a parut une éternité. On s’imagine bien souvent, que dès que nous serons prêtes à avoir un enfant, nous tomberont enceintes. Bien souvent, la réalité est tout autre et le désir d’enfant se transforme alors en longue attente. Effectivement il y a des grossesses qui durent des années d’espoirs, au point de ne plus y croire. . Pour nous, il aura fallu deux longues années avant que Nino décide de pointer le bout de son nez.

Plus les jours, les semaines, les mois défilaient et plus les émotions s’intensifiaient, entre tristesse et colère, ce rêve idyllique se transformait en obsession. Voir les autres femmes autour de moi me faisait ressentir une pointe de jalousie devant ces beaux ventres ronds, alors que le mien restait inexplicablement vide. Ce n’était pas mon genre d’éprouver ce genre de sentiment, cependant c’était plus fort que moi. De plus, j’avais l’impression de ne voir que des futures ou jeunes mamans à chaque coin de rue, et leur bonheur criant me renvoyait durement à cette situation que je vivais comme un échec inexpliqué. Mais pourquoi est-ce que c’est si difficile de devenir maman pour certaines d’entre nous ?

Gérer cette déception répétée était de plus en plus compliquée, et l’attente devenait insupportable, en effet le temps semblait s’étirer à l’infini. Il m’était devenu vitale de partager mes espoirs et surtout mes moments de désespoir auprès de proches où des membres de ma famille. Mais il faut dire, que lors d’un essai, il est rare d’échapper à des commentaires comme : « Tu y penses trop! », « Ça ne fait pas si longtemps que vous essayez », « Tu as encore tout le temps, rien ne presse! », «Oh tu es jeune, pas la peine de se mettre la pression», où « Ça va arriver quand ce sera le bon moment! »« Penses à ceux qui ont du mal depuis 5 ans, tu vois tu n’en est pas encore là »« Tu ne vas pas et mettre dans cet état tous les mois quand même»… Derrière ces remarques démoralisantes et agaçantes, les personnes qui les avaient prononcées avaient plutôt l’intention d’encourager, mais ça c’était complètement loupé!  Ce genre de phrases banales  cachent souvent de l’impuissance face à la situation rencontrée. Mais cela je ne l’ai compris que bien plus tard, dans l’instant T, j’avais l’impression que l’on ne prenait pas la pleine mesure de cette douleur qui me rongeait à petit feu et je me sentais bien souvent incomprise.

Mais je pouvais compter sur le soutient sans faille de mon amie, qui elle aussi partageait le même brisement, en effet aucune autre n’était mieux placée pour faire preuve d’empathie. A deux, nous étions plus fortes, et quand l’une flanchait l’autre était cette épaule sur laquelle elle pouvait se reposer. Effectivement cette amertume était plus facile à appréhender ensemble. Il est vrai que l’on se sent toujours seule face à la douleur, cependant pouvoir la partager et se rendre compte que nous ne sommes pas seules rassure et réchauffe les cœurs. Si vous n’avez pas eu l’occasion de partager votre peine avec une amie, certainement vous êtes vous orientées sur les réseaux sociaux, les forums où les communautés mettant en relation des personnes qui vivent la même chose que vous. Bien souvent, nous y trouvons du réconfort auprès d’inconnus et également de l’espoir avec des témoignages évoluant positivement.

D’autre part, il arrive que notre cœur et notre esprit désirant tellement fort cette grossesse tant convoitée, nous envoies de fausses alertes qui sont pourtant bien réelles. Effectivement,  l’apparition de symptômes laissant penser que nous sommes enceintes est le fruit d’une somatisation. Ce trouble psychique est vécue par de nombreuses femmes, et c’est dingue de voir ce que le corps humain est capable de faire. Quelle frustration et déchirement à l’arrivée des menstruations, la descente n’est que trop amer.  Il arrive même parfois, que ces symptômes persistent sur plusieurs semaines, mois et c’est très dur de composer avec cette nouvelle problématique.

Par ailleurs, cette volonté de concevoir est si forte qu’à un moment elle influe sur la relation de couple. Nous ne percevons plus notre conjoint comme l’amant, l’ami mais comme un géniteur. Dès que « le bon moment » survient, on lui impose pratiquement de tout arrêter pour nous rejoindre dans le lit… et ces moments intimes peuvent devenir « mécaniques ». En outre, des tensions sont générées et parfois l’incompréhension entre les deux parties créée un réel fossé. La communication est essentielle pour faire face à cette situation stressante qui perdure.

Au bout de presque deux ans, j’ai décidé de tirer un trait sur ce désir qui semblait irréalisable. C’est comme si je mourrais à petit feu intérieurement, comme pour me protéger et refaire surface il fallait stopper ce qui me mettait à mal. De plus, après l’annonce de la grossesse de mon amie, ce fut un réel coup dur même si j’étais ravie pour elle, car enfin le cauchemar prenait fin. Cependant se retrouver seule dans ce périple, m’a anéantie et tout cela ne me semblait plus qu’illusion. La décision ne fût pas des plus facile, néanmoins l’apparition de projets positifs comblaient à plein temps mon esprit et c’est au moment ou j’ai complètement lâcher prise que tout arriva ..

Deux mois après avoir renoncé, je ne m’attendais plus a quoique ce soit. Malgré un nouveau retard, je prenais cela comme un tour que me faisait mon esprit et mon corps à nouveau. Il était hors de question d’acheter un énième test de grossesse, premièrement car j’avais explosé le budget test au cours de ses deux ans et secondement car j’étais persuadé d’avoir mes règles d’ici quelques jours. Sous l’insistance quotidienne de mon amie, j’ai cédé pour lui prouver que j’avais bel et bien raison. Après une journée de travail harassante, j’étais décidé à boire cette bière pour me détendre, mais c’était sans compter son appel  pour que je réalise le test dans l’immédiat afin d’être fixé, puis je lui ai envoyé la photo du résultat. Dans la seconde qui a suivie, elle m’ a hurlé de joie dans le combiné en me disant que ça y’est c’était la bonne. Pour ma part le trait étant pale, je n’étais pas aussi sure qu’elle. Il aura fallu l’avis de ma cousine pour entendre à nouveau que j’étais bel et bien enceinte. Durant la nuit j’ai réalisé le dernier test qui a lui aussi confirmé avec la prise de sang qui a suivie qu’enfin mon rêve devenait réalité. J’avais attendu tellement de temps ce moment, l’avais tellement imaginé, idéalisé que sur l’instant j’avais du mal à me dire que c’était vrai et je n’arrivais pas à savourer pleinement la nouvelle. C’est comme si mes vieux démons me rattrapaient et que j’étais effrayée à l’idée de chuter à nouveau.  Quelques jours plus tard, c’est en découvrant ce petit être qui logeait sous mon nombril lors de la fameuse échographie de datation, que j’ai éclaté en sanglots et que je me suis sentie revivre. C’est comme si depuis tout ce temps il manquait quelque chose à ma vie pour être enfin celle que j’avais tant envie de devenir et de découvrir

J’ai une pensée tout particulière pour celles qui sont toujours dans l’attente, parce que je sais pertinemment que la douleur éprouvée quelque soit le nombre de semaines, mois où années est omniprésente et justifiée. La route est longue et semée d’embuche et je sais que vous êtes encore nombreuses à espérer. Je vous souhaite de tout cœur, autant que toutes les autres ce titre de maman et vous envoie beaucoup de courage et d’amour.  Certains bébés prennent plus de temps pour arriver, mais d’autres n’arriveront malheureusement jamais, mais quoiqu’il en soit je vous souhaite une fin heureuse.

Vanessa

 

12 réflexions au sujet de “Un rêve devenu réalité”

  1. Ce premier article m’aura énormément touché & émue je ne cache pas que j’ai versé quelques larmes !
    Je n’ai pourtant rien vécue de tous sa car j’ai eu mes deux petits gars très facilement après avoir pris la décision de les avoirs, mais ton histoire est très touchante & à la fois si belle !
    Je te souhaite vraiment de pouvoir réaliser ton rêve d’un deuxième enfants rapprocher même si cela est assez dure à vivre au quotidien, enfin dure je dirais plutôt sportif & intense.
    Je t’embrasse en attendant avec impatience un prochain article.

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  2. Confession très touchante. Nous ne sommes effectivement pas toutes égales face à la fécondité et je ne peux qu’imaginer la frustration et le désespoir que tu as traversé ! Heureusement, Nino a fini par arriver et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est très réussi 😊
    Belle continuation dans ta vie de maman !

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  3. Je me suis reconnue dans ce texte… Lorsque nous avons décidé, avec mon conjoint, d’avoir un enfant, je suis tombée enceinte le mois suivant l’arrêt de contraceptif. Mais malheureusement j’ai fais une fausse couche à un mois et demi de grossesse… Grosse claque… Tout s’effondre… Pour remonter vite la pente nous décidons de réessayer aussitôt en pensant que un mois ou deux après je serais de nouveau enceinte. Un mois, deux mois, puis trois… Puis les copines qui annoncent leurs grossesses, puis les femmes enceintes que l’on voit partout, puis les pleurs lorsque les menstruations débarquent…C’est quand je n’y croyais plus, au bout de 18 longs mois d’attente que notre petit haricot est venu se nicher dans mon ventre. Aujourd’hui notre crevette à 5 mois et demi 😍😍

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  4. Apres avoir fait une horrible fausse couche d’une grossesse gémellaire, il est difficile pour nous (mon compagnon et moi) de se dire que c’est fini pour le moment
    On a beau réessayer mais sa ne viens pas pour le moment 3 mois apres la fausse couche
    Je ne veut pas perdre espoir 🙏

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  5. J’aurais pu écrire exactement la même chose, nous avons aussi attendu 2 ans,avec même un passage stimulation ovarienne et tout le tralala mais j’ai stoppé net au bout de 2 mois de traitements les hormones me rendait dingue. Finalement les remarques continuaient aussi autour de nous, comme tu dis dans l’article même si c’est pour nous rassurer et nous réconforter,moi ça m’enervais plus qu’autre chose. Nous avons déménagé loin de chez nous, pris dans les cartons, bébé est arrivé en 1 mois, nous avions tour simplement arrêté d’y penser 😊
    Magnifique premier article ça promet un joli blog

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  6. C’est tout à fait ça…
    Les mêmes sentiments partagés, les mêmes épreuves.
    Ils nous a fallu 3 ans à mon conjoint et à moi pour enfin vivre le bonheur.
    3 années de doutes, de questions, d’angoisses et d’attentes.
    Nous avons fini par faire une FIV qui à fonctionnée du premier coup.
    Aujourd’hui Sacha partage notre vie depuis 5 mois et tout est si magique depuis.
    Merci pour ce témoignage touchant et je te rejoins en pensant aux femmes qui sont aujourd’hui dans l’espoir…
    Quand elles auront leur petit au creux de leurs bras elles oublierons tout.

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  7. Très belle article et tellement vrais . Je n’ai pas encore eu le bonheur de voir cette nouvelle barre apparaître sur un teste de grossesse . Je suis Toujours dans l’attente et l’incompréhension de la nature depuis 1 ans . Dans la jalousie dès autre et cette question « pourquoi sa ne marche pas avec nous  » ce sentiment est difficile à expliquer et à la fois si facile à comprendre au personne qui l’on vécu ou qui le vive . Merci pour cette article qui me redonne espoir … plein de bisous ma belle

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  8. Magnifique ! ! Je me retrouve beaucoup dans tes mots .. pour nos 5 ans de galère 2 petits bébés qui n’ont jamais vu le jour mais maintenant nous sommes comblé mais pas encore prêt à recommencer tout ce chemin bravo pour ce blog !!

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  9. Magnifique texte qui révèle la certitude que tu es une bonne maman. Mais mon dieu, si j’avais su tout ça, je ne me serais jamais permise de te parler de mes enfants. Je suis désolée si j’ai été une des personnes qui t’ont blessée durant cette attente.
    Je vous souhaite beaucoup de bonheur pour
    les années à venir et j’espère vraiment rencontrer ce petit Nino un jour. Je vous embrasse 😚.
    Marina Clochette

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  10. Quel texte magnifique ❤ J’ai l’impression de me reconnaître à travers ces mots, à l’exception que j’ai fait 2 fausses couches avant que ma princesse ne s’accroche complètement au bout de 2 ans et 8 mois… Les sentiments que l’on peut éprouver pendant ces moments là sont incontrôlables et nous les comprenont que bien plus tard. Bravo pour ton blog et tes mots et pensees à toutes ces femmes qui sont dans l’attente ❤

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  11. Un premier article juste parfait.
    Une histoire merveilleuse.
    Et un témoignage qui donne espoir.
    Je suis aussi une endogirl et voir ce témoignage ne peu nous rendre que plus d’espoir.

    Plein de bonheur à vous 3

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